Face aux enjeux de décarbonation et de souveraineté énergétique, l’électrification s’impose progressivement comme un axe majeur de transformation de l’industrie française.

Mais cette transformation implique des investissements importants et soulève encore plusieurs obstacles économiques et opérationnels. Dans ce contexte, la capacité des industriels à piloter et valoriser leur consommation électrique peut constituer un levier complémentaire pour accompagner leur électrification.

L’industrie au cœur du plan d’électrification

Dans son plan d’électrification des usages présenté en avril 2026, le gouvernement ambitionne notamment de faire passer la part de l’électricité dans la consommation énergétique de l’industrie de 37 % aujourd’hui à 47 % en 2030.

Cette trajectoire s’appuie sur un atout majeur de la France : une électricité largement décarbonée. En 2025, 95,2 % de la production électrique française était bas-carbone, pour un total de 521,1 TWh. Cette production décarbonée constitue également un atout économique pour les industriels, en leur permettant de substituer progressivement l’électricité aux énergies fossiles tout en bénéficiant d’une énergie potentiellement plus compétitive.

Un potentiel important, mais encore des freins à lever

Concrètement, l’électrification de l’industrie touche de nombreux usages : la production de chaleur et de vapeur, la production d’hydrogène ou plus directement les procédés eux-mêmes. Pour accompagner financièrement ces profonds changements, l’état a donc notamment relancé DECARB IND et l’appel d’offres Grands projets industriels de décarbonation (AO GPID) en 2026. La question de l’investissement financier nécessaire à l’électrification est également visible dans le bilan mi-2026 du programme France 2030, publié par l’ADEME. À la date de publication de ce bilan, le programme avait engagé 4,78 milliards d’euros d’aides publiques en faveur de 1 497 projets portés par plus de 1 650 entreprises. Le montant total des investissements prévus pour ces projets s’élève à 18,2 milliards d’euros. Ces chiffres montrent l’ampleur des capitaux nécessaires pour concrétiser les projets.

Le rapport de la mission sur l’électrification des industries, menée par le député Raphaël Schellenberger, identifie pourtant d’autres obstacles à l’accélération des projets d’électrification, parmi lesquels le coût de l’électricité, les conditions de financement, le manque de visibilité économique et réglementaire ou encore l’accès aux infrastructures. Pour répondre à ces enjeux, le rapport formule 29 recommandations destinées à faciliter et accélérer le déploiement de l’électrification industrielle et relève l’intérêt de la flexibilité de la consommation dans l’électrification de l’industrie.

La flexibilité, un levier économique pour accompagner l’électrification

Electrification d'une usinePour les industriels, l’électrification permet de disposer de consommations électriques pilotables et potentiellement valorisables. Lorsque leurs procédés le permettent, ils peuvent adapter temporairement leur consommation aux besoins du système électrique et, notamment, réduire leur consommation à la demande dans le cadre de contrats d’effacement. Cette capacité d’effacement peut être rémunérée dans le cadre du mécanisme de capacité français, avec des revenus pouvant atteindre….à compléter.

Au-delà de cette valorisation financière, la flexibilité permet aux industriels de contribuer à l’équilibre et à la sécurité d’approvisionnement du système électrique. Elle peut ainsi s’inscrire dans une démarche plus large de performance énergétique et de responsabilité environnementale.

L’électrification ouvre donc une nouvelle étape pour l’industrie française, où la capacité à adapter sa consommation devient aussi stratégique que celle à électrifier ses procédés.

🔗 Sources

Bilan électrique 2025 – RTE

Bilan mi-2026 du programme France 2030 – ADEME

Rapport de la mission sur les freins à l’électrification des industries de Raphaël Schellenberger

Plan « Électrifions la France » – Élysée

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