L’année 2020 a été rythmée par la crise sanitaire. Des conséquences directes sur le niveau de consommation et de production d’électricité en France ainsi que sur l’évolution du mix électrique. D’après le bilan de RTE (gestionnaire de réseau de transport d’électricité), le pays a vu sa consommation et sa production électrique baisser. L’origine de l’électricité a évolué et place l’éolien comme 3ème source d’électricité, derrière l’hydraulique et le nucléaire. Force est de constater que les énergies renouvelables sont en croissance tandis que le nucléaire et le thermique reculent.

La consommation et la production d’électricité en 2020

L’année 2020 a été marquée par une baisse de la consommation d’électricité en France ainsi qu’une baisse de la production. La cause directe de cette baisse est l’épidémie du Covid 19 avec les mesures de confinement. La baisse de la production est également due à une moindre disponibilité du parc nucléaire. Les chiffres parlent d’eux même : la consommation a diminué de -3,5% pour atteindre 460TWh et la production de -7% avec 500,1 Twh, par rapport à 2019. Un niveau bas record pour la production depuis 20 ans.

La consommation d’électricité du secteur industriel

Toujours avec les effets de la crise sanitaire et les mesures de confinement, la consommation d’électricité du secteur industriel a fortement baissé, avec une chute de plus de 10% sur l’année à cause de l’arrêt de nombreux sites de production. Certains secteurs d’activité ont été touchés plus que d’autres avec des baisses de 20 à 25% comme pour les secteurs de la sidérurgie, de la construction automobile ou encore du transport ferroviaire.

La consommation d’électricité du secteur résidentiel

A l’inverse, la consommation du secteur résidentiel est restée stable. Au cours du premier confinement, le secteur a tout de même connu une hausse de 5% de la consommation avec la présence d’un grand nombre de personnes dans leurs logements.

Le mix électrique en 2020

Le mix électrique de 2020 a également évolué et s’oriente de plus en plus vers les énergies renouvelables, notamment avec une forte hausse de l’hydraulique et de l’éolien. L’éolien se positionne même devant le thermique pour la première fois et prend la place de troisième source d’électricité dans le pays. Cette croissance se justifie par des conditions climatiques favorables et par une hausse du parc éolien de +6,7% en 2020.

L’hydraulique atteint donc 13% du mix électrique français en 2020, l’éolien, lui, représente 7,9%, le solaire : 2,5% et enfin 1,9% pour les bioénergies.

L’évolution de ces énergies renouvelables sont positives par rapport au mix électrique de 2019 avec +17,3% pour l’éolien, +8,4 pour l’hydraulique, et enfin +2,3% pour le solaire.

En comparaison avec nos voisins des pays européens, l’éolien représente une part plus faible du mix français. En effet, au Danemark, l’éolien c’est 48% du mix, 35% pour l’Irlande et 27% en Allemagne.

La France reste tout de même fortement dépendante du nucléaire. En effet, cette source de production représente 67,1% du mix électrique en 2020. Néanmoins, en termes d’évolution, la production nucléaire a baissé de 11,6% par rapport à 2019, ce qui représente un recul historique avec un niveau de production de 335,4 TWh. Le plus bas depuis 1993. D’après RTE, les trois quarts de cette baisse sont liés à la crise sanitaire. Ajouté à cela, la fermeture de deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, qui a réduit la disponibilité du parc nucléaire de 63.1 à 61.4 GW.

L’électricité est également de moins en moins thermique avec – 10,6% en 2020 par rapport à 2019 et atteint son niveau le plus bas historique de 1,4 TWh. Le thermique représente 7,5% du mix électrique en 2020. Une baisse qui se justifie par une volonté de sortir du charbon et des incitations d’activation économiques réduites.

L’année 2020 est donc une année encourageante en faveur de la décarbonation et d’une électricité française plus verte. A noter encore une fois, que cette année a été particulière à cause de la crise sanitaire qui a fait chuter la consommation et la production d’électricité, notamment nucléaire et thermique fossile.

Les émissions de CO2 du secteur électrique ont donc également baissé d’environ 9% en 2020 par rapport à 2019, notamment grâce à la diminution de la production thermique à combustible fossile.

Quels sont les objectifs du mix électrique dans les prochaines années ?

L’évolution du mix électrique en 2020 vers des sources de plus en plus renouvelables a été marquée par une baisse de la consommation d’électricité et par des maintenances dues à une année particulière de crise sanitaire. Néanmoins, cette évolution des énergies renouvelables répond aux objectifs des programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE). La volonté de la France est d’atteindre une neutralité carbone d’ici à 2050. D’ici à 2028, la PPE a par exemple pour objectif de doubler les capacités de production de l’éolien pour bénéficier d’une capacité d’environ 34GW d’éolien terrestre et 5,5GW d’éolien en mer. L’objectif de l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix a pour but de réduire la part du thermique et du nucléaire.

Quelle est la place des effacements électriques dans la production d’électricité en France ?

L’électricité est une source d’énergie encore difficile à stocker à grande échelle. Le réseau doit donc ajuster en temps réel la production et la consommation. L’intégration croissante des énergies renouvelables en bouleverse le fonctionnement.

En effet, les énergies renouvelables sont des énergies fatales, dépendantes des éléments naturels comme le soleil, le vent ou encore l’eau. Cela signifie que sans vent, sans soleil, la production d’électricité est moindre et donc le réseau peut se retrouver déséquilibré entre production et consommation. L’effacement de consommation électrique sera donc une solution qui permettra d’assurer le maintien de l’équilibre réseau.

Pour conclure, les parts qu’occupent les différentes sources de production dans le mix électrique sont amenées à évoluer dans les prochaines années pour avoir de plus en plus d’énergies renouvelables dans le mix.

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