RTE a publié un bilan prévisionnel de l’équilibre de l’offre/demande en électricité en France.

Dans cet article, nous allons faire un état des lieux du bilan réalisé par RTE sur la sécurité d’approvisionnement électrique au sein de notre territoire national. Les différents éléments étudiés dans cet article sont repris du bilan RTE.

Qu’est-ce-que la sécurité d’alimentation électrique ?

La sécurité d’alimentation électrique signifie que l’approvisionnement électrique est garanti à tout moment, excepté à l’occasion de certaines circonstances où RTE, le gestionnaire de réseau électrique, doit intervenir, en dernier recourt, dans le but de modifier la consommation. Lorsque le réseau doit intervenir, il dispose de plusieurs solutions afin de maintenir l’équilibre entre la production et la consommation. En effet, il dispose de plusieurs réserves activables plus ou moins rapidement comme la réserve primaire, secondaire, rapide et complémentaire. L’effacement électrique est également une solution qui permet au réseau de s’équilibrer entre l’offre et la demande grâce à la diminution de la consommation d’électricité de gros consommateurs, notamment d’industries.

En France, le niveau de sécurité d’alimentation est fixé à trois heures : cela signifie que la durée moyenne pendant laquelle l’équilibre entre la production et la consommation ne peut pas être assuré par les marchés de l’électricité est inférieure ou égale à trois heures par an.

Avec ces critères, le risque principal d’approvisionnement réside en période de grand froid, en hiver, le soir vers 19 heures ou encore en matinée. D’autres facteurs comme la non-disponibilité de plusieurs réacteurs ou encore des vents très faibles peuvent jouer sur la sécurité du réseau électrique.

Au cours des 10 dernières années, la France est passée d’une surcapacité de sécurité du réseau électrique à une sécurité assurée mais sans marge supplémentaire. La cause est notamment due à des fermetures de moyens de production au fioul et au charbon ainsi qu’à une plus faible disponibilité du parc nucléaire pendant l’hiver.

Quelles sont les prévisions futures d’ici 2025 pour la sécurité d’approvisionnement du réseau ?

Plusieurs orientations ont été définies pour les années à venir :

  • Environ 5 GW de capacité de production va être fermée : 1,8 GW avec l’arrêt des réacteurs nucléaires de Fessenheim et 3 GW avec l’arrêt de centrales au charbon. Une baisse de la disponibilité du parc nucléaire est donc à prévoir. Un objectif de fin de la production d’électricité au charbon est prévu d’ici 2022.
  • La mise en service de l’EPR de Flamanville est repoussée à fin 2022 au mieux.
  • Des programmes de maintenance et de réinvestissement ayant pour conséquences des arrêts de capacité de production.
  • Une interconnexion entre la France et le Royaume Uni et l’Italie avec une liaison opérationnelle courant 2021.
  • Dans le même temps, les énergies renouvelables vont augmenter dans le mix électrique pour atteindre environ 30% du mix en 2025 dans le but de respecter la trajectoire définie dans la loi de la transition énergétique. Le développement de l’éolien terrestre est dans une dynamique à la hausse, l’éolien en mer se développe également. Néanmoins, le photovoltaïque est en dessous du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs.

Quelles sont les périodes qui ont été étudiées pour la sécurité d’approvisionnement ?

Jusqu’en 2021-2022 le niveau de sécurité d’approvisionnement du réseau électrique sera respecté en tenant compte des premières fermetures de centrales mais sans marge. En effet, la sécurité sera maintenue en tenant compte du planning nucléaire actuel, de la mise en service de la centrale de Landivisiau des interconnexions avec l’Italie et le Royaume-Uni ainsi qu’au maintien des objectifs sur l’éolien terrestre.

A partir de 2021-2022, l’étude fait ressortir une période de forte vigilance. Lors des dernières fermetures de centrales à charbon, le niveau de sécurité national d’alimentation électrique ne sera pas respecté dans la plupart des cas étudiés dans le bilan prévisionnel. En effet, lors de cette période, deux risques sont importants : l’importance des maintenances des centrales nucléaires à l’occasion de nombreuses visites décennales ainsi que l’arrêt de la production nucléaire en Allemagne et la fermeture de plusieurs centrales au charbon dans différents pays européens.

Enfin pour la période de 2023 à 2025, le niveau de sécurité d’alimentation électrique en France devrait s’améliorer, principalement dû à la mise en service de l’EPR de Flamanville. Également, la mise en service de plusieurs projets éoliens en mer, éoliens terrestres, et solaires ainsi qu’un meilleur programme de maintenance du parc nucléaire améliorera la sécurité d’approvisionnement. Néanmoins, si l’EPR de Flamanville n’est pas mise en service lors de cette période ou fonctionne de manière partielle, la fin de période de forte vigilance pourrait être reportée en 2025.

Pour conclure sur les prévisions futures de la sécurité d’approvisionnement du réseau électrique : plusieurs paramètres sont à prendre en compte et peuvent avoir des incidences plus ou moins importantes sur la sécurité d’approvisionnement. Plusieurs variantes ne dépendent pas des orientations publiques ou résultent des conditions des pays voisins européens. La période qui concerne les années 2021 – 2023 est la plus risquée et la plus sensible. Des incertitudes demeurent sur certains paramètres qui peuvent affecter à la hausse comme à la baisse le niveau de sécurité du réseau électrique.

Plusieurs leviers d’amélioration peuvent être mis en place afin d’agir sur le niveau de sécurité d’approvisionnement électrique :

  • Maîtriser la consommation, principalement pendant les pics de consommation
  • Optimiser les dates et les durées des réacteurs nucléaires
  • Maintenir la disponibilité ou la conversion à la biomasse d’un ou deux groupes de Cordemais